Génédinant
Groupe d'échange et d'entraide pour la généalogie dans la région dinantaise

HISTOIRE DE LA MANUFACTURE DE TISSUS DE LEFFE (Ancienne Firme Albert Oudin et Cie) 1872-1971

19 décembre 2016 - Michel HUBERT

Au cours d’un voyage qu’il faisait dans la région de Reims, Monsieur Gustave Lalieu (que nous évoquons plus longuement dans l’article sur La Dinantaise) s’était particulièrement intéressé à la fabrication de laine de mérinos. Ce genre de fabrication était à ce moment florissant en France, et particulièrement dans la Marne, mais encore inconnu en Belgique. Ayant conscience de la régression du commerce et de l’industrie qui affectait la ville de Dinant depuis une vingtaine années, il voulut redonner vie à la localité en y implantant une nouvelle industrie, celle des tissus.

Il parvint à persuader le fils d’un fabricant français de Betheniville dans la Marne, M. Albert Oudin, alors âgé de 22 ans, de venir établir et diriger la première fabrique de Mérinos et de cachemire.

Monsieur Albert OUDIN descendait d’une famille déjà spécialisée dans ce type d’industrie depuis plusieurs générations à Betheniville mais notre jeune Albert étouffait au sein de sa famille et désirait fonder la même industrie ailleurs. Il sauta sur la proposition de Gustave Lalieu et, grâce à l’enthousiasme de banquiers et notables locaux et la bénédiction des édiles communaux, il put assez rapidement bâtir, créer et développer une nouvelle industrie sur le site des Grands Jardins à Leffe.

C’est le 14/5/1872, par-devant le Notaire Laurent à Bouvignes que fut signé le contrat de la société Oudin et Cie, par M Albert Oudin, industriel né à Bétheniville, M. Camille Henry, banquier à Dinant. pour et au nom de la firme Eugène Henry et frères : M Gustave Lalieu, industriel à Dinant : M, Léopold Barré, avocat à Dinant : M. Nicolas Joseph Gilson à Dinant : M Hubert Gourmont. négociant à Dinant : M. Emile Dembour-Gourmont. négociant à Dinant ; M Emile Laurent. brasseur à Dinant ; M. François Leblanc-Laurent, agent de change : M. Edouard Motte. médecin : M Auguste Berger. juge : M Gaspard Désiré Henuzet, négociant à Bouvignes, et. M Jean-Baptiste Magery, professeur à Dinant

Il est formé une société en commandite par actions. entre Albert Oudin seul associé responsable et toutes les personnes qui ont adhéré ou adhéreront aux statuts.
La raison et signature sociale sont « Albert Oudin et Cie ». son siège social est établi à Dinant. Elle a pour objet le peignage, la filature et le tissage mécanique et généralement toutes les opérations qui se rattachent au traitement de la laine.

M Albert Oudin est le seul gérant indéfiniment responsable des opérations et de tous les engagements de la société.
La durée de la société est fixée à 20 ans du 1er mai 1872 au 30 avril 1891.
Le capital social est fixé à 400.000f en 40 actions de 10.000 francs chacune.
Il est particulièrement donné pouvoir et autorisation spéciale à M. Albert Oudin, d’acquérir pour le compte de la société, au moment où il la jugera convenable et opportun. Les immeubles et bâtiments, le matériel et les machines nécessaires à l’établissement d’une filature de 2.400 broches, d’un peignage et d’un tissage en rapport avec le produit de ces 2.400 broches.
Il sera logé aux frais de la société pendant la durée de la gestion.

Le 30/5/1872 par devant le Notaire Laurent, M. Albert Oudin, pour la fabrique de cachemire, acquiert à Achille-Joseph Golenvaux de Dinant, un terrain qu’ils tenaient de leur père, Jean Golenvaux. Boulanger,. qui l’avait acquis le 27/1/1825 de M. Joseph Georges, par-devant le Notaire Alexis Meunier. un terrain entouré de murs avec une maison d’habitation pour une superficie d’ 1 Ha 29 ca, une terre labourable et 63 ares de verger, dit le Grand Jardin, et une maison avec grange remise en partie sur le territoire de Leffe et de Bouvignes de 18 ares, formant un ensemble entouré de murs pour le prix de 20.500 francs.

La société en commandite Albert Oudin et Cie. implanta en Belgique la fabrication des différents tissus de laine peignée pour vêtements de dames. qui précédemment étaient importés de France.

Le28/2/1873, la Députation Permanente de la Province de Namur, autorise les Sieurs Oudin et Cie à établir une filature de laine avec atelier de peignage et tissage conformément aux conditions imposées et aux plans approuvés.

Le 20/6/1871, elle est autorisée à établir dans sa filature de laine à Leffe-Dinant, une machine à vapeur de la force de 45 chevaux et une chaudière à vapeur d’une capacité de 26.258m3.

Le 17/9/1875, elle est autorisée à établir dans sa filature de laine une chaudière à vapeur d’une capacité de l5m3.
Le 6/4/1895, par-devant le Notaire Victor Alfred Laurent à Dinant., M Albert Oudin pour et au nom de la société en nom collectif Albert Oudin et Cie, acquiert de M. Pierre François Clément, rentier à Leffe-Dinant. une propriété située à Leffe-Dinant composée principalement d’un jardin. d’un verger avec petit bâtiment dit Grand Jardin, polissoir avec son mécanisme. immeuble par destination, d’un cours d’eau traversant la propriété. d’une maison avec toutes dépendances et jardin, dite maison Jaumotte et enfin d’une petite maison. formant un ensemble compris entre la fabrique de Mérinos Albert Oudin et Cie. le charreau de Leffe, . la propriété Fonder. la rue partant du Pâtis de Leffe pour aboutir au charreau et enfin le chemin de Houx à Dinant, pour le prix de 60000 francs.

M. Albert Oudin est décédé le 12.7.1896 ; il était divorcé et avait deux fils. Il avait acquis divers immeubles à Leffe pour son compte personnel. dont le Château Oudin, qui par la suite fut à la Famille Henry, et maintenant Delhaize.

Le 8.12.1896, il fut fondé en remplacement de la Firme Albert Oudin et Cie, en liquidation, par-devant le notaire Victor Alfred Laurent à Dinant, une société anonyme qui était destinée à remplacer la dite société Albert Oudin et Cie, sous la dénomination de « Manufacture de Tissus, ancienne Firme Albert Oudin et Cie »

La société a pour objet, l’exploitation des établissements ci-après apportés, l’achat, la filature et le tissage des laines et d’autres textiles de même que toutes opérations qui se rattachent à ce genre de commerce et d’industrie.
La durée de la société est fixée à 30 années à partir du 1 /1/ 1897, pour finirIe 31/12/1926 ; elle pourra être prolongée.
Le capital social est fixé à la somme de 2.000.000 de francs, divisé en 400 actions de 5,000 francs au porteur,
Les comparants et M Rémy Himmer au nom des personnes qu’ils représentent font apport, à la société présentement constituée des biens suivants : une propriété dite Grand Jardin sise à Leffe, contenant 1 Ha 98 ares, acquise à la famille Golenvaux le 30/5/1872 :les bâtiments et dépendances construits sur la dite propriété et servant à l’exploitation de l’ancienne fabrique Albert Oudin et Cie :huit maisons construites à l’extrémité de la dite propriété ; une propriété dite Grand Jardin contiguë à la précédente, située à Leffe-Dinant de 82 ares, comprenant maisons d’habitations, deux jardins, prairies, coup d’eau achetés à M. Clément-Piret le 6/4/1895 :
tout le matériel industriel servant à l’exploitation des établissements de la société Albert Oudin et Cie, toutes installations quelconques, les matières premières en magasin ou en cours de fabrication, les marchandises et Ies approvisionnements et accessoires ;
les marchés en cours à livrer, le numéraire en caisse, les effets en portefeuille. les créances et les autres actions, le tout représentant, déduction faite des créances passives une somme de 2,000.000 francs. ainsi que M, Himmer en sa qualité de liquidateur en a justifié aux actionnaires qui le reconnaissent,

Ce fut M, Rémy Himmer qui devint le directeur de la fabrique.

Le 16/4/1897, par-devant le Notaire Victor Alfred Laurent, M Eugène Hubert, professeur à l’Université de Louvain, vend à M. Hector Adam-Bribosia, avocat avoué, à la Manufacture de tissus représentée par M, Rémy Himmer, directeur de fabrique en qualité de directeur administrateur, et la Ville de Dinant, une parcelle de prairie de 1 Ha 29 ares, avec le canal y attenant, située dans les Fonds de Leffe.
La partie acquise par la société anonyme Manufacture de Tissus se trouvait entre les deux, mesurant 83 ares 40 ca de prairie et de 5 ares 50 ca de canal pour 15,700 francs,
C’est sur cette parcelle que la société Manufacture de Tissus fit construire 32 maisons dites ouvrières avec la société L’Habitation de l’ Ouvrier, ayant son siège à Dinant ; il fallait pour en bénéficier être ouvrier.
Dès 1900, la firme, anticipant sur son époque, avait mis au point une caisse de pension pour ouvriers et employés, une caisse de secours pour le cas de maladie (remboursement de frais médicaux et paiement d’une partie du salaire) et construit de nombreuses habitations ouvrières dont. L’acquisition par le personnel était facilitée.

Le 27/3/1905, la société anonyme Manufacture de Tissus fut prorogée de 8 ans ; cette durée sera donc de 30 ans à partir du 1/1/l905 jusqu’au 31/12/1934,
En 1904, l’ établissement occupe 600 ouvriers et ouvrières et possède une force motrice de 1000 chevaux qui actionnent 16 000 broches de filature et 500 métiers à lisser, elle s’étend sur un terrain de 3 Ha, dont plus d’un est couvert de bâtiments ; il emploie en outre régulièrement 1000 ouvriers à sa succursale de Bouvignes, et 300 à la teinturerie d’Alost, soit au total 1 000 ouvriers.
Il a une caisse de pension et de secours,
Sur les 600 ouvriers occupés, enfants, jeunes gens, jeunes filles, hommes et femmes il y a seulement 290 hommes âgés de plus de 21ans ; 32 employés et ouvriers ont déjà reçu la décoration industrielle. En 1914, elle occupait 625 employés et ouvriers.

C’est le 23/8/1914, que M, Rémy Himmer fut fusillé par Ies Allemands ainsi que 147 de ses fidèles ouvriers.
La majeure partie de l’usine fut incendiée. il ne restait plus que les deux dernières salles contenant 6.000 broches.

Ce fut, M, Edgard Himmer qui lui succéda.

Le 28/12/1920, la société anonyme Tissage de Bouvignes est dissoute et absorbée par la société anonyme Manufacture de Tissus.

Le 27/12/1921, la société La Dinantaise (établie aux Rivages) fusionne avec la Manufacture de Tissus
Dès la fin de la guerre, l’usine fut reconstruite et reprit ses activités ; cependant. une catastrophe devait encore la frapper : les inondations de la Saint-Sylvestre 1925, au cours desquelles l’usine fut noyée, à cette occasion leurs Majestés le Roi Albert et la Reine Elisabeth, venus encourager les Dinantais sinistrés, visitèrent l’usine.
Toujours à l’affût de nouveautés, la Manufacture fut une des premières firrnes du pays à employer le textile de l’époque. la « soie artificielle ».

Le 22/6/1928. la Manufacture de Tissus acquiert à l’Etat belge, un vaste immeuble constituant l’ancienne caserne de Leffe. située en front de Meuse de 15 ares 35 ca, pour le prix de 190.000 francs. par MM.. René et Edgard Himmer,tous deux industriels à Dinant.

En 1930. c’est la crise économique.
La prospérité de l’usine à cette époque était liée aux possibilités d’exportation : les accords d’Ottawa en 1931. la privèrent de ses débouchés dans la zone sterling et l’usine souffrit durement de la crise.
En 1932. on y chôme 5 jours par mois.

Le 13/9/1932, M. Edgard Himmer.déclare dans une lettre adressée au Bourgmestre de Dinant. que la Manufacture de Tissus possède deux usines à Dinant et une à Bouvignes. comprenant 32.000 broches à filer et 700 métiers à tisser les tissus, robes en laine et en soie, qu’ elle contrôle également une teinturerie à Alost,que 144 membres du personnel sont porteurs de décorations. industrielles.
Cette même année, M. Edgard Himmer distribue des pains à ses ouvriers chômeurs, 2 kilos par enfant et par16 heures de chômage.

Le 8/12/1934, devant le Notaire Hambursin de Dinant. la société est prorogée pour une durée de 30 ans,prenant cours le 8/12/1934, pour expirer le 7/12/1964.Le capital social est fixé à 6.900.000 francs representé par 15.000 parts sociales.

M. Edgard Himmer est décédé en 1939.

Le 7/7/1939, par-devant le Notaire Gaston Leclef à Dinant. M. Gcorges Henry de Frahan et René Himmer en qualité d’administrateurs, pour et au nom de la Manufacture de Tissus vendent à M. Adolphe Marichal. exploitant d’autobus à Dinant la partie suivante de l’usine désaffectée en la Commune de Bouvignes : elle comprend une maison formant le coin, le porche, et la conciergerie, forge et ancienne filature, anciennement Tissage de Bouvignes pour prix de 169.000 francs.

En 1940. M. Louis Claeys en en devient le directeur.
La Manufacture fut légèrement sinistrée en 1940 et en 1944. mais sans commune mesure avec l’anéantissement de 1914.
Le 1/10/1942, par-devant le Notaire Albcrt Franceschini à Fosses, M. Maxime Wolters, industriel à Alost et M. Antoine Henry de Frahan, domicilié à Namur, vendent à M. Joseph Jules Eugène Georges, industriel à Liège, une usine avec bâtiment industriel cour, conciergerie. et toutes dépendances, formant un ensemble, y compris tout le matériel fixe et machine, Rue Arthur Defoin, de 94 ares 76 ca, et une maison, de l’anciennc usine La Dinantaise, pour prix de 2 .000.000 francs.

M. Louis Claeys devient administrateur-directeur en 1945.
En 1947. il y avait 450 ouvriers et employés à la Manufacturede Tissus.
Le 29/12/1952, le capital social passe de 6.900.000 francs à 30 millions.
Le 24/1 1/1958, le capital est redescendu à 6.900.000 francs.

En 1958, un concordat est demandé et accordé, la Manufacture doit vendre une partie de son patrimoine immobilier pour rembourser ses créanciers.
Les premières années d’après guerre furent favorables. grâce aux besoins de réaprovisionnement du pays. Mais bientôt l’étroitesse du marché belge. l’impossibilité d’exporter, le libéralisme importateur du pays firent passer de dures années aux textiles.
Dans ces conditions, la famille française du fondateur de la firme se désintéressa de l’affaire et voulut la liquider.
Claeys racheta à cette occasion les parts françaises et fit de la firme une affaire à capitaux belges, pratiquement en totalité .(année 56).

La nouvelle direction avait à faire face à de gros problèmes. Elle le fit de trois façons :
1°/ Rationalisation des méthodes de travail et moderniasationdu matéricl ce qui impliquait un travail de formation du personnel et des cadres, dont la qualification devait devenir de plus en plus élevée.
2°/ Politique de qualité des produits : emploi de nouvelles matières, création de nouveaux tissus.
La société fut pami les premières dans le pays à fabriquer les tissus suivants.
A/ Tergal-Laine :
B/ Tissus élastiques pour le ski et le sport, à chaîne Hélanca ; elle détenait la licence exclusive pour la fabrication en Belgique des tissus de la marque Elastiss ;
C/Tissus pour dames à chaines continues, trame laine peignée les "laines et soies" qui étaient d’une grande vogue, et dont l’entreprise était une des plus grandes spécialistes en Europe (emploi de la soie naturelle, de l’acétate, de la viscose, etc,... toujours tramées de laine peignée),
3°/Création d’un réseau d’agents à l’étranger et effort de prospection intense

Ces efforts commençaient à rapporter, quand la crise de 1958 posa à la firme de très graves problèmes de trésorerie, qui l’amenèrent à demander un concordat, qu’elle obtint. Heureusement, la réorganisation de l’usine, en cours depuis des années, portait ses fruits et, avec un an et demi d’anticipation sur les délais consentis par les créanciers, ceux-ci furent remboursés, à 100% par les moyens propres de la firme.

Un grand hommage doit être rendu à ce sujet au Tribunal de Dinant, et tout particulièrement à M le Juge Emile Lelièvre dont les multiples interventions permirent aux dirigeants de la Manufacture de Tissus de maintenir en activité à Dinant une industrie textile.
La mise en place progressive du marché commun a été un grand atout en faveur de la Manufacture, la moitié des ventes de la firme se faisaient en Allemagne et en Hollande, preuve indiscutable que 1’affaire était compétitive, pourvu qu’elle disposât d’un marché suffisant.
Pour conserver et accroître ce caractère compétitif, de gros investissements furent faits en 1962 et en 1963 sept millions et demi d’investissemnents, dont quatre millions et demi sur fonds propres, le solde grâce à l’aide de la SNCI ; les investissements de 1964 furent d’environ trois millions et demi, avec une aide substantielle de la SNCI. La firme reçut de nouveaux métiers à tisser automatiques ultra-rapides.

La Manufacture de Tissus approchait de son centenaire (1972), avec confiance dans l’avenir, sans se dissimuler que les difficultés ne cesseraient jamais, mais en s’armant au maximum pour l’avenir, elle avait l’espoir de conserver à Dinant une industrie capable de nourrir une partie importante de la population de la Ville
Le 2.6.1961, devant les Notaires Pierre Leclef et Ernest Houyet, la manufacture de Tissus vend un emplacement à bâtir sis sur les territoires des Villes de Dinant et Bouvignes à M. Jules Michel Delobbe
Le 21/6/1962, la Manufacture de Tissus vend à la société Régionale d’Habitations Sociales à Dinant un terrain de 4,087 m2 67 dm.
Le 28/5/1962, la Manufacture de Tissus, vend l’ancienne caserne de Leffe à l’Etat pour l’Athénée Royal de Dinant. Elle vend aussi des maisons ouvrières.

Le 24/6/1964, lors de la visite de sa Majesté le Roi Baudouin et de la Reine Fabiola, il y avait encore 150 ouvriers à la Manufacture de Tissus, dont les 2/3 sont des femmes ct des jeunes filles.
La visite de leurs Majestés le Roi et la Reine fut pour les dirigeants et le personnel, un précieux encouragement, dont ils leur furent éminemment reconnaissants

La société avait pour activité :
a/ la filature de laine peignée, avec retordage, pour les besoins de son tissage (main d’oeuvre féminine en majorité) ,
b/ le tissage et la fabrication de tissus pour vêtements de dessus. (ce département comprenait la préparation de tissage : main d’oeuvre féminine en majorité, les métiers à lisser : main d’oeuvre exclusivement masculime)
c/ le rentrayage, appelé dans d’autres régions piqûrage ou stoppage (main d’oeuvre exclusivement féminine)

Le 24/9/1965, par-devant le Notaire Ernest Houyet, la Manufacture de Tissus vend à la société Les Forges de Ciney, des bâtiments industriels dit au Loup Bajeau, de 28 ares 60 ca.

Fin 1969, et début 1970, distribution des préavis. grève et occupation de l’usine. Ce furent les 100 jours de Leffe. Mise en liquidation de l’usine au mois d’avril.
Le 12/2/1971, deux des liquidateurs vendent à la société La Dinantaise de Filature. des bâtiments industriels avec cour, aisances et dépendances de 1 Ha 11 ares 10 ca.

Elle est mise en liquidation le 26/1/1989 et elle est mise en apport à la société « Les Textiles nouveaux » à Frasnes lez Anvaing.

Le 4.4.1995, devant le notaire Mattot, cette société revend les bâtiments aux " Habitations Sociales de Dinant ".

Il s’en était fallu d’un an pour que la Manufacture dure un siècle.

Les "Habitations sociales de Dinant", avec l’appui de la Région Wallonne, ont rénové avec bonheur le corps principal de l’ancienne Manufacture de Leffe.
Ceci fera l’objet d’un autre article.

(Extrait de « Les Usines textiles Filatures et tissages de Dinant et Bouvignes » par Alfred HERBAY, Michel KELLNER et Jacques OLIVIER. Dinant Septembre 2001)

Michel M.E.HUBERT