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LA MEUSE DE FREYR A HASTIÈRE . CHATEAU THIERRY. LE CHATEAU DE FREYR LES ABBAYES DE WAULSORT ET D’ HASTIERE

8 octobre 2008 - Michel HUBERT

Cette fois un autre article des années 1930 nous emmènera dans une petite promenade vers le sud de Dinant et nous conduira jusqu’à Hastière via deux châteaux dont un a complètement disparu et l’autre resplendit encore, et deux abbayes déjà recensées dans mon précédent article sur les monastères de l’Entre-Sambre-et-Meuse, dont il reste quelques vestiges.

Toute la vallée de la Meuse, de Freyr à Hastière, est enchanteresse.

Après avoir vu du plateau couler le fleuve, il faut descendre, se laisser glisser jusqu’au pied des immenses falaises par un de ces alpestres sentier qui serpentent le long des parois rugueuses, pareils à des ponts suspendus sur un abîme. D’en bas seulement se découvriront les réelles magies de la contrée.

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FREYR : Les rochers

C’est d’abord, devant Freyr, l’énorme muraille avancée en travers de la perspective ; l’échine rocheuse semble tout à coup se disloquer sous la poussée furieuse de cette vertèbre en saillie ; et, bloc sur bloc la montagne s’entasse, s’ exupère, semble vouloir escalader le ciel.

L’endroit serait tragique sans le silence des eaux, la paix du rivage, le voisinage de la petite châtellenie aux tourelles peu rébarbatives.
Puis le grand roc se déchiquette, des pics découpent dans l’air de chimériques silhouettes, le démesuré fait place au caprice et à la fantaisie ; et tout à coup le ravin du Colébi, un lit de torrent à sec,un bouleversement de cataclysme, ouvre sa gueule dans un coin de nature farouche, parmi des roches déchirées, des éboulis, une houle de végétations débordées.

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Le Colébi

Jusqu’à Waulsort, le paysage s’accidente à chaque pas ; d’étranges profils de monstres hérissent les cimes, les monts partout semblent éterniser des genèses primordiales. Au loin, découpée sur un massif de grands arbres, une dépendance d’une ancienne et illustre abbaye aligne ses façades blanches dans un site admirable ; et, tout de suite après, le joli village de Waulsort se déploie à mi-côte, en face de l’immense butte, fleurie comme un jardin, au haut de laquelle s’émiette Château- Thierry.

Le Point de vue de Freyr.

Dans « Le Rhin » (1838), Victor Hugo parle en ces termes de cet endroit incomparable :

... Puis on aborde un plateau où l’on court rapidement avec de grandes campagnes plates à perte de vue autour de soi ; on pourrait se croire en pleine Beauce, quand tout à coup le sol se crevasse affreusement à quelques pas à gauche. De la route, l’œil plonge au bas d’une effrayante roche verticale le long de laquelle la végétation seule peut grimper. C’est un brusque et horrible précipice de deux ou trois cents pieds de profondeur.

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FREYR Panorama

Au fond de ce précipice, dans l’ombre, à travers les broussailles du bord, on aperçoit la Meuse avec quelque galiote qui voyage paisiblement remorquée par des chevaux, et au bord de la rivière un joli château rococo qui a l’air d’une pâtisserie maniérée ou d’une pendule du temps de Louis XV, avec son bassin lilliputien et son jardinet Pompadour, dont on embrasse toutes les volutes, toutes les fantaisies et toutes les grimaces d’un coup d’œil. Rien de plus singulier que cette petite chinoiserie dans cette grande nature.

Château-Thierry.

Ces ruines, situées sur la rive droite de la Meuse, entre les villes de Dinant et de Givet, sont les restes imposants d’une des plus anciennes forteresses du pays. On en fixe l’origine au règne de Thierri, marquis de Namur, qui succéda à Naymon en 812..
Dès le treizième siècle elle avait des seigneurs particuliers.
La garnison ordinaire de Château- Thierri était en temps de paix de dix-neuf hommes. En 1188, cette forteresse arrêta pendant trois semaines l’armée du comte de Hainaut

En 1294, Jean de Rochefort, chevalier, transmit la seigneurie de ce château à Robert d’Orjo, qui céda au comte de Namur les avoueries d’Hastière et de Waulsort
On sait que les seigneurs de Château-Thierry furent, pendant un certain temps et jusqu’en 1319, avoués de Waulsort et des environs. Les avoués furent primitivement des fonctionnaires chargés de défendre les intérêts des abbayes, de faire rentrer les impôts notamment. Mais, il advint qu’il fallut recourir à l’intervention de seigneurs puissants pour défendre avec quelque succès ces intérêts. C’est ainsi que Godefroid, comte d’Ardenne, devint avoué de Sedan en 980, ce qui mettait déjà à cette époque Bouillon et Sedan sous l’autorité d’un même seigneur. Les avoués étaient rétribués en percevant une partie des impôts ; parfois, ils recevaient même des terres. Généralement, ils abusèrent de leur situation au détriment de l’abbaye.

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Abbaye de Waulsort et Chateau Thierry

Ce ne dut pas être le cas pour l’établissement religieux de Waulsort, qui redevint en 1326 son propre avoué, étant assez fort pour défendre lui-même ses intérêts

En 1319, le château passa à la famille d’Agimont ; en 1374, Marie d’Agimont épousa le seigneur de Boulan, qui posséda dès lors Château-Thierry. Ses deux fils furent de vrais bandits, Ils détroussèrent des marchands français ; la France usa de représailles vis-à-vis des marchands dinantais. Les corps de métiers de Dinant vinrent alors assiéger le château et l’incendièrent (1390).
Château-Thierry, reconstruit dès 1391, passa à la puissante famille des Brandebourg (non loin de Diekirch)..

En 1554, pendant les guerres de Charles-Quint et Henri II, le manoir fut abandonné par sa petite garnison. Les Français y trouvèrent de beaux meubles, ainsi que raconte l’historien François de Rabutin, qui participa aux opérations : « Il ne restait plus qu’un petit fort appelé Chasteau Thierry, au baillage de Namur, que tout ce qu’estoit à l’entour de nous ne feust soumis à l’obéissance du roy ... Mais ceux qui le gardoient quittèrent la place. Ainsi feust trouvé ce chasteau ouvert et abandonné au demeurant rempli des plus beaux meubles qu’est possible et grande quantité de tous grains, et croy que tout cela n’y demeura pas. »

Rien, en effet, n’y demeura, mais le château ne fut pas détruit ; il fut réparé. La garnison ordinaire de Château- Thierri était en temps de paix de dix-neuf hommes. En 1188, cette forteresse arrêta pendant trois semaines l’armée du comte de Hainaut.
En 1667 Louis XIV en fit sauter les fortifications.
En 1675 il fut détruit lors de la prise de Dinant et ne fut jamais relevé.

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Les vestiges de CHATEAU THIERRY

L’assiette de ce château était des plus imposantes. Bâti sur la pointe d’un rocher avancé, il dominait de toute part le cours de la Meuse, et jouissait d’une vue immense, qui s’étendait bien au-delà de Dinant et de Givet, Les ruines présentaient encore il y a quelques années des masses considérables, mais tous les ans les paysans d’alentour, séduits par l’espoir d’y trouver un trésor imaginaire, en abattent quelques débris ; bientôt les dernières tours tomberont sous leurs efforts et il en sera de cette forteresse comme de tant d’autres, dont à peine le nom a pu échapper à l’oubli.

Le château de Freyr.

Son origine, disent les ouvrages historiques, se perd dans la nuit des temps, formule dont il faut se contenter pour la majorité des châteaux. On sait que, en 1378, le manoir avait été détruit par les guerres et se trouvait en ruines. Ce fut à cette date que Jean de Rochefort d’Orgeo acheta ces ruines et les fermes de Lenne ; il reconstruisit le château en 1380.

En 1410, l’héritière des Rochefort d’Orgeo apporta Freyr en dot à son mari Jacques de Beaufort-Spontin (1410). Les seigneurs de Freyr furent créés barons, puis ducs en 1783, sous Joseph II. La famille de Beaufort-Spontin était d’ailleurs l’une des plus puissantes de la région.

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FREYR Le Château

Au XXe siècle, l’héritière de la famille épousa un Français, le comte de Laubespin et c’est ainsi que la famille de Laubespin possède actuellement le domaine de Freyr et les rochers voisins, garantie de conservation de ces sites remarquables. La famille de Laubespin a supprimé le badigeon blanc qui déshonorait le château et a remis à nu la brique et la pierre ; elle a aussi le mérite de conserver les abords aussi intacts que possible : les saules-têtards visibles sur la vue de Lauters (1838), sont toujours là et les sites uniques de Freyr ont été précieusement conservés.

Louis XIV, en route pour le siège de Namur, passa à Freyr le 19 Mai 1675 et y logea . A cette époque, le Roi-Soleil, acceptant les conseils de Louvois, vivait sur le pays, lorsqu’il était en territoire ennemi. Il ne nous paraît donc pas vraisemblable que l’architecte-paysagiste Le Nôtre soit venu dessiner les jardins de Freyr, à titre de compensation, comme certains auteurs semblent le dire. Nous croirions plus volontiers que les châtelains de Freyr furent fiers de ce que Louis XIV ait daigné choisir cette demeure comme abri et qu’ils en subirent d’autant plus facilement la mode de l’époque, qui était au jardin français, à l’imitation des splendeurs de Versailles. Ils auraient alors fait venir le célèbre Le Nôtre.

Le château qui avait été reconstruit en 1575 fut agrandi et rajeuni en 1637. En 1769. une aile nouvelle, à front de Meuse. fut édifiée. Le pavillon. construit au sommet des jardins tracés par Le Nôtre, date de 1775 ; il fut décoré par des artistes eu renom, les frères Moretti ..

En 1675, des ministres plénipontiaires signèrent à Freyr un traité de commerce appelé traité de Freyr

Waulsort

Suivant une légende, Belle Vallée ou Vallis decora fut le nom donné par les premiers moines à Waulsort. Est-ce leur admiration pour la nature qui imposa cette appellation ? Ou est-ce le caractère fertile et hospitalier de l’endroit ? Car aujourd’hui encore. dans le langage populaire, une belle vallée signifie une vallée propice à la culture

Le vaste promontoire, en pente douce, où s’étagent maintenant les hôtels et leurs terrasses uniques, puis les habitations, leurs jardins et leurs vergers, était réellement favorable à l’installation de l’homme, dans une vallée où la roche se hérisse de toutes parts. Rien d’étonnant à ce qu’une riche abbaye se soit développée dans ce cadre privilégié.

Si la terre de Waulsort semble hospitalière à celui qui la voit de Château Thierry ou de Ladigan, l’impression est autre pour qui s’arrête au bord de l’eau, près des hôtels : dans les eaux calmes de la Meuse se reflètent des versants abrupts ; seule la forêt en est restée maîtresse, Des ravins profonds s’y sont creusés, de petites gorges étroites aussi ; tout est envahi par la feuillée. La montagne apparaît sous sa parure vivante ; c’est à peine si la roche s’émousse ça et là.
Que de grave beauté dans ces hautes croupes verdoyantes !

Vers l’aval, la roche se dénude : échappant à l’étreinte de la forêt, la série des hautes roches de Château-Thierry se dressent, suite de masses énormes, où le lierre s’accroche, et de caps délicatement découpés, mélange de lourdeur et de finesse, résultat du travail capricieux et acharné des siècles .
Sur les rives, parmi les herbages, quelques peupliers, des hêtres rouges créent une atmosphère de parc au pied de ces massifs étranges. La Meuse unit ainsi à la rudesse farouche de ses versants la douceur de ses rives.

Deux mots d’histoire : On connaît plusieurs orthographes anciennes : Wasor (970), Waehoire (1442) ; en latin Walciodorus. L’étymologie n’est pas certaine.
L’église paroissiale a été consacrée en 1048 par Thêoduin,
évêque de Liège ; l’édifice actuel est évidemment plus récent.

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WAULSORT Le village

Il existait. en outre, une église abbatiale, consacrée la même année, qui aurait remplacé un sanctuaire antérieur.
En voyant le village actuel de Waulsort, on serait tenté de croire que le noyau primitif de l’agglomération était situé non loin de l’église actuelle. Il semble, au contraire. que les premières maisons se trouvaient au lieu dit Prée hère, non loin de l’écluse et formaient. à une époque reculée, un petit village appelé Prizerie. Gramaye, historien du XVIIe siècle. écrit que les ruines de cette agglomération sont visibles. (D’après les notes réunies par M. le Curé de Waulsort, qui possède une précieuse documentation sur la localité. )

Waulsort, au point de vue « villégiature », a pris naissance en 1876. A ce moment. la Meuse n’était pas canalisée et Waulsort était, pour ainsi dire, un petit coin perdu, ignoré, d’une population de 150 habitants, sans industrie, vivant de la terre et des deux fermes de Lenne, qui ont été durant des siècles exploitées par la famille de Saint Hubert.

C’est en 1876 que le peintre Roffiaen, épris des beautés naturelles, s’installa à Waulsort. Il y revint ensuite avec des amis.

Waulsort, qui est, en saison, fréquenté par des quantités d’étrangers de toute nationalités. est tout-à fait à la hauteur de la réputation qu’il s’est acquise.
On y trouve de nombreux hôtels jouissant du meilleur confort.

L’abbaye de Waulsort.

La légende de la fondation de cette abbaye est ainsi contée :
Eilbert, comte de Florennes, possédait une intaille magnifique.
C’était une plaque lenticulaire en cristal de roche. où avait été gravée avec un art extraordinaire l’histoire de la Chaste Suzanne. Un jour, le comte alla à une foire en Thiérache et acheta à un prêtre rémois un cheval superbe. Ne pouvant payer la somme à ce moment, il donna en gage l’intaille. Lorsqu’il alla payer le prêtre, quelques jours après, celui-ci nia avoir reçu le précieux objet, Furieux, le comte groupa des soldats et marcha sur Reims, décidé à se faire justice. Le clerc indigne se réfugia dans l’église NotreDame ; le comte n’hésita pas et incendia l’église. Afin d’éviter la mort dans les flammes, le prêtre sortit du temple en feu et restitua l’intaille.
Eilbert regretta dans la suite son acte sacrilège et c’est ainsi qu’il accueillit des religieux écossais et fonda pour eux l’abbaye de Waulsort. L’intaille y fut conservée pendant huit siècles avec le plus grand soin. Le bijou sembla perdu à la Révolution française, mais, en 1857, un amateur lyonnais le céda au British Museum, où il se trouve encore.

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Abbaye de WAULSORT

L’un des moines écossais, Macalan, fut le premier abbé ; après lui, ce fut son compagnon Cadroé, qui dirigea la communauté (début du Xe siècle).
Son successeur, Godefroid, se montra indigne de ses pieux prédécesseurs et alla même jusqu’à proposer de vendre l’intaille si précieuse. Les moines le chassèrent. C’est alors que la Providence envoya à l’abbaye de Waulsort un secours inespéré.

A cette époque, saint Forannan, évêque écossais, fut averti par un ange de se rendre au-delà de la mer, dans un lieu appelé la Belle- Vallée. Sans tarder, il prit avec lui douze compagnons ; mais, arrivés au bord de la mer, ils ne trouvèrent aucun navire. Ils aperçurent seulement deux morceaux de bois disposés en forme de croix. Ce fut sur cette frêle embarcation que saint Forannan entreprit de traverser la mer avec ses compagnons. Il se mit au centre de la croix, tandis que ses compagnons se placèrent trois à trois sur les bras de cette croix. Ils abordèrent heureusement en Gaule sous la conduite du Ciel. Ils arrivèrent non moins heureusement dans la Belle-Vallée, où ils furent reçus par le comte Eilbert comme des envoyés de Dieu. Ceci se passa vers 968, Forannan devint abbé de Waulsort et c’est à lui que l’on doit les premiers développements de l’abbaye, Il fit venir à Waulsort les reliques de saint Eloque. fit du prieuré d’Hastiere une dépendance de l’abbaye de Waulsort. Il alla à Rome et obtint du Souverain Pontife la confirmation de tout ce qu’il avait réalisé.
Plus tard, le nom de Belle- Vallée ou Vallis decora se changea en Waulsort ou Walcidorius.
Telle est la légende

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Le château (ex-abbaye) de WAULSORT

L’Abbaye d’Hastière.

Nous donnons ci-dessus la légende de la Fondation de l’Abbaye de Waulsort, légende contenant sans doute des éléments historiques. Il existe au sujet d’Hastière une légende éqalement, suivant laquelle l’abbaye d’Hastière aurait été fondée au VIIe siècle. Elle fut fondée, en réalité, dans la seconde moitié du IXe siècle, par Wigeric, comte de Bitbourg. Le monastère ayant été brûlé par les Normands, une nouvelle église fut érigée en 945. L’établissement était occupé par des moniales.

L’abbaye de Waulsort était en quelque sorte encastrée dans les biens de celle d’Hastière et ne pouvait se développer pour cette raison. Les moines de Waulsort, à la suite d’intrigues, obtinrent l’expulsion des religieuses d’Hastière, qui regagnèrent leur maison-mère, près de Metz, moyennant une indemnité dérisoire,
Les bénédictins de Waulsort se contentèrent de jouir de leurs nouvelles terres, laissant les bâtiments d’Hastière à l’abandon. En 1020, les écoles de Waulsort y furent transférées, de même qu’une partie de la communauté.
Ce fut l’origine d’une lutte épique qui dura 150 ans. Les moines d’Hastière revendiquèrent l’indépendance, démontrant que leur monastère était plus ancien. Les deux parties trouvèrent des arguments dans des diplômes souvent faux. Wilbad, le célèbre abbé de Stavelot-Malmédy, y fut mêlé et accusé de faux ... Cela entraîna une grande confusion dans l’histoire des deux établissements et la plupart des auteurs, traitant de l’histoire de Waulsort et d’Hastière, se basent sur des chroniques renfermant des documents souvent faux.

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Eglise (ex-abbaye) d’ HASTIERE

Hastière ne cessa d’avoir rang d’abbaye ; le nom de prieuré est donc inexact. L’abbé était chef des deux abbayes unies.
L’abbaye d’Hastiere fut prospère. En 1048, une nouvelle église y fut consacrée. En 1250, un cloître ogival, objet d’admiration de l’époque, fut construit.
Les villages étaient en territoire liégeois mais les habitants des deux villages jouissaient de privilèges commerciaux, qui faisaient de leur territoire une espèce de terre franche.

Les monastères furent dévastés en 1568 par les iconoclastes.
Ils souffrirent plus tard des guerres de Louis XIV.
En 1795, Delecolle, maire de Givet, pilla Hastiere et Waulsort.

C’en était fait des deux abbayes. Les bâtiments de Waulsort, datant de 1670, ont pu être conservés en partie. A Hastière, il ne resta longtemps que les ruines de l’église, heureusement restaurée depuis peu d’années.

En 1826, la commune d’Hastiere acheta le chœur, afin d’en faire une chapelle paroissiale. La nef servit encore longtemps de grange et la tour ruinée abrita une forge. La restauration fut décidée en 1878, mais resta en souffrance. Les travaux furent commencés en 1885 et l’achèvement fut célébré en 1912.

Extrait de « Sambre et Meuse », organe officiel du Cercle des XV n°6 Décembre 1932

Clichés Nels coll. M Hubert

Michel M.E. HUBERT