Génédinant
Groupe d'échange et d'entraide pour la généalogie dans la région dinantaise

SAINT-WALHERE DE ONHAYE

21 avril 2006 - Monique COLLARD

Le culte de Saint Walhère à Onhaye déplace un grand nombre de pèlerins depuis plus de 700 ans.
Il est reconnu par l’autorité ecclésiastique, même s’il n’y a aucune trace officielle de canonisation.

Walhère, de son vrai prénom Walter (ou, en wallon Vohy) naît, au début du XIIème siècle, à Bouvignes, où se trouve encore sa maison natale, rustique et modeste. Sa mère meurt peu après sa naissance.
Enfant intelligent et pieux, il est remarqué par les chanoines de Leffe qui l’instruisent.
Sa vocation sacerdotale étant bientôt évidente, il achève ses études de théologie à l’école bénédictine de Waulsort.
Il entre dans le clergé séculier pour ne pas abandonner son père.
Des documents de 1163 le citent parmi le clergé d’Onhaye, avec le curé Héribrand, âgé, auquel il succèdera, et le vicaire Fauchon que la petite histoire considère comme son neveu.
Plus tard, en raison de ses vertus, de son zèle et de sa piété, il est nommé doyen de Florennes, comme l’atteste un document de 1190.
L’époque est trouble, les Croisades s’organisent un peu partout et il y a de vives tensions entre les monastères et les abbayes. Souvent, les querelles des moines appellent l’intervention des comtes de Namur et des princes-évêques de Liége.
Il semble que Walhère ait tenté d’apaiser les esprits en se rendant à Hastière où il rencontre les vicaires, entre autres Fauchon, alors détaché de la paroisse d’Onhaye.
La paroisse d’Hastière est sous l’autorité des Abbés de Waulsort.
Sa mission achevée, Walhère est ramené de nuit, en barque, par un des vicaires. Au milieu du fleuve, celui-ci lui assène, par l’arrière, un violent coup de rame sur la tête et le jette à la Meuse.
Le corps sera retrouvé, le lendemain matin, par des femmes venues faner l’herbe et des pêcheurs. Il gît parmi les ajoncs qui bordent la rivière, à 1500 mètres en aval.
C’est en 1199, le 23 juin probablement. Il a environ 61 ans.

Le corps inanimé fut poussé vers la rive gauche de la Meuse et aborda à un endroit ou jaillit dans le fleuve une fontaine qui, dit-on, n’est jamais tarie.
Bientôt arrivèrent un grand nombre de gens de Bouvignes, l’Abbé de Waulsort, des gens d’Hastière et surtout...de Onhaye.
On plaça le corps sur un chariot attelé de chevaux pour le conduire à Waulsort, mais les chevaux refusèrent d’avancer.
On y attela alors deux génisses n’ayant pas encore porté le joug et aussitôt les deux bêtes, sans guides, se dirigèrent vers Onhaye, gravirent les collines escarpées et s’arrêtèrent en face de l’église Saint Martin où le corps fut pieusement déposé.
A Bon Air, au centre du village, sur la route de Philippeville, fut érigée une chapelle qui conserve encore des éléments de la châsse de celui que la ferveur populaire a vénéré et vénère encore.
Chaque année à Onahye, le premier dimanche après la Saint Jean (24 juin) une procession attire une grande foule venant, bien souvent, de fort loin.
C’est l’événement sensationnel du village.
Saint Walhère est invoqué contre les maux de tête (le coup de la rame) et aussi pour protéger le bétail, en raison de la complaisance des génisses.
Le cortège fait halte devant plusieurs chapelles et calvaires de la commune et assiste ensuite à la grand-messe de 11 heures en l’église paroissiale.
Cette cérémonie fervente est suivie, bien sûr, d’une kermesse fort animée.

Bibliographie : Onhaye et Saint Walhère de R.E.Janus, paru aux Editions Janus à Dinant.
Onhaye et ses environs de Alzir, Gilbert et André Noël, édité en 1985 par Bourdeaux-Capelle, de Dinant.