Génédinant
Groupe d'échange et d'entraide pour la généalogie dans la région dinantaise

Dinant : Création de la Police Judiciaire près les Parquets.

27 février 2020 - Jean-Michel CLAEYS

Les données en italique de cet article sont extraites du livre de François Welter : « Une police judiciaire près les parquets, solution aux défis de la police judiciaire en Belgique (1830-1922) ».
Le reste provient de diverses sources (dont, entre autres, un des livres du chanoine Schmitz et Dom Norbert Nieuwland ainsi que (dans une moindre mesure) de documents familiaux en possession de l’auteur).

Le 04 août 1914, l’Allemagne envahit la Belgique. Dès le 06 août, quelques patrouilles allemandes poussent des reconnaissances jusqu’à Dinant. Le 09, le 148° régiment d’infanterie française y prend position le long de la Meuse et dans la citadelle. Le 15 août, l’armée allemande atteint Dinant.

Une bataille a lieu durant laquelle se distingue le futur général de Gaulle. Les combats sont assez meurtriers ! Dans la nuit du 21 au 22 août, des cavaliers allemands s’engagent dans la rue Saint-Jacques non-défendue et mettent le feu aux habitations. Dans la journée du 22 août, 2 500 civils tentent de fuir derrière les lignes françaises en traversant le fleuve.

Les allemands sont à Dinant. Sous prétexte de compter des francs-tireurs dans la population, ils rassemblent un grand nombre d’habitants qu’ils fusillent à partir du 23 août 1914. On recense 674 hommes, femmes et enfants passés par les armes lors de ce massacre, soit près de 10% de la population d’origine, 416 personnes sont déportées en Allemagne et plus d’un millier d’habitations incendiées (80 % de la ville).

Il ne reste à Dinant que quatre représentants de l’autorité de la ville : Mr Cousot, sénateur ; Mr Cassart, conseiller provincial ; Mr Bribosia, échevin et Léon Legrand, substitut du procureur du Roi.

Ces quatre personnes, accompagnées de l’épouse Bribosia (d’origine allemande) comme interprète, se rendent en délégation le 25 août chez le général allemand à Leffe afin d’intercéder pour la fin des massacres, mais celui-ci ne les reçoit pas. Finalement un officier allemand présent à Leffe leur assure qu’on ne fusillera plus.
Vers la fin septembre, Léon Legrand reprend les fonctions de chef du Parquet de Dinant. N’ayant plus de bourgmestre, c’est François Bribosia qui fera fonction.

C’est suite à ces événements que la Police Judiciaire fut créée…

Léon Legrand en fut, avec le Procureur Général Servais, le promoteur après la guerre.

En 1915, suite à la déportation du Procureur du Roi (Mr Tschoffen) et de la disparition de membres de la police (tués ou déportés), le parquet de Dinant ne peut compter que sur un commissaire-adjoint de police, un garde-champêtre et un garde-champêtre adjoint pour assurer la répression judiciaire dans l’arrondissement (de Dinant). Le substitut Léon Legrand engage dès lors deux huissiers pour œuvrer en qualité d’auxiliaire du parquet. Ceux-ci accompagnent les forces de police communale dans la ville et en banlieue et procèdent aux perquisitions qui doivent être opérées dans le cadre de la répression des pillages perpétrés durant les premiers mois de l’occupation. Dans le même temps, deux garde-champêtres sont attachés au service d’ordre des audiences du tribunal correctionnel et à l’extraction des détenus. Enfin, en 1915, le parquet s’adjoint les services d’un gendarme retraité, lequel œuvre désormais comme un agent du parquet dans l’ensemble de l’arrondissement. Les premiers jalons d’une police judiciaire auxiliaire du parquet sont jetés. En juin 1915, le ministère de la justice, le parquet général de Liège et le procureur du roi de Dinant s’accordent pour enrôler des agents judiciaires temporaires.

L’exemple de Dinant sera suivi par d’autres parquets en Wallonie.

Après guerre, le parlement adoptera à l’unanimité la création d’une police judiciaire près les parquets (PJP).

Une loi sur le sujet sera publiée au Moniteur Belge, le 12 avril 1919.