Génédinant
Groupe d'échange et d'entraide pour la généalogie dans la région dinantaise

Les Etablissements Degraux à Dinant

22 décembre 2019 - Georges Degaudinne

Jean-Michel CLAEYS nous raconte ...

C’est un souvenir qui me reste alors que je ne devais pas avoir 4 ans : Je me souviens de grandes tables et comptoirs en bois, d’escaliers assez imposants et d’un univers très chaleureux de bois et de tissus. Des souvenirs très diffus pourtant, mais qui, dés le début, sont associés au regret de ne pas avoir eu l’occasion de revivre ce moment magique, les grands magasins Degraux de Dinant ayant fermé leurs portes en 1968.

Mes ancêtres dinantais avaient un grand magasin de tissus et de confection à Dinant. Mais, ce qui est moins connu, c’est qu’avant le magasin, il y a eu une entreprise de tissage à Bouvignes.

L’aventure commence il y a 150 ans...

Au milieu du XIX° siècle, le commerce et l’industrie étaient en régression à Dinant. Mais, après 1870, ce ne sont pas moins de quatre usines de tissage qui s’installent quasi simultanément à Dinant :
En 1872, la société Oudin et Cie à Leffe.
En 1874, la société de tissage « A.Degraux et C° » à Bouvignes
En 1877, la société « La Dinantaise » en ville de Dinant
En 1879, « Le Mérinos » à Neffe.

La ville a été pendant presque 100 ans un centre de tissage important. Les dernières
activités de tissage y cessent en 1971.

Augustin Louis Joseph Degraux, à l’origine de l’aventure, est né à Mettet le 24 mai 1841 d’une famille bien implantée dans le village. Son père et son grand-père étaient menuisiers. Le 01 mai 1871, alors qu’il est reporté comme négociant domicilié à Châtelet, il épouse Marie Thérèse Leclercq à Mettet d’où elle est originaire. Marie-Thérèse décédera le 18 février 1874 après avoir donné naissance à Dinant à Albertine le 02 mars 1872 et à Julia le 09 janvier 1874, mais seule Albertine survivra. Augustin se remarie avec Léonie Simon le 16 juillet 18 7 8 à Ensival.

D’après une note de Léon Legrand fils en 1957 au Rotary (1), la firme « A.Degraux C° » est fondée en 1865 par Augustin Degraux. Comment Augustin Degraux est-il passé d’un environnement de travailleurs du bois au commerce de tissus reste un mystère.

Mettet, en 1829, comptait une centaine de métiers à tisser la toile et jusqu’en 1900 c’était un centre de tissage prospère.
Le pas n’est pas bien grand à franchir : La toile tissée à Mettet devait être
négociée à la vente dans les grandes villes voisines.
C’est probablement ainsi qu’Augustin a commencé sa carrière et a monté son entreprise.

Toujours d’après cette même note, Augustin Degraux et les frères Henry créent le premier tissage à main de Dinant à Bouvignes (sous Crèvecoeur) en 1869.

Mais, d’après un article de Michel Hubert sur le site Génédinant, tout commence le 29 octobre 1874 par l’achat de la propriété Melot consistant en 4 maisons (dont une en ruine), cour, écurie, jardin, et emplacement d’ancienne saline, formant un ensemble sis à Bouvignes appartenant à M. Godefroid Lonhienne pour prix de 8.500 francs. L’achat se fait moitié-moitié avec Eugène Henry.
Celui-ci est banquier et directeur gérant de la société en nom collectif sous la
dénomination de Maison de Banque Henry-Libert et la raison sociale Eugène Henry et frères à Dinant.

Le 04 octobre 1875, une maison dite la Tour sise à Bouvignes appartenant à Baptiste
Magery joignant la fabrique est acquise pour prix de 346 francs et une somme de 840 francs due à M. Emile Monty, greffier à Dinant.

Le 29 décembre 1875 les mêmes acquièrent à M. Joseph Gotho, maçon une maison d’habitation avec écurie sise à Bouvignes rue d’en Haut pour 1200 francs. C’est sur ces propriétés qu’ils établirent leur Tissage de Bouvignes. (2)

Cette version me semble la plus probable vu qu’Augustin Degraux ne semble s’être établi à Dinant qu’après son mariage en 1871.

D’après Léon Legrand fils (1), la mécanisation des Tissages Degraux a eu lieu de 1874 à 1878. Michel Hubert nous apporte plus de précisions (2) : Le 15/6/1877, Augustin Degraux est autorisé par la Députation Permanente de la Province de Namur à établir dans sa fabrique de tissus de laine et de coton de Bouvignes. une machine à vapeur de la force de 12 chevaux et une chaudière de 4.175 m3 destinée à fonctionner sous une pression de 4 atmosphères.

Le 6/8/1880, les Sieurs Degraux et Cie sont autorisés à établir une nouvelle chaudière à vapeur dans leur fabrique de tissus à Bouvignes et à établir un gazomètre dans leur dite fabrique. Le gazomètre afin de fournir l’éclairage intérieur et extérieur des bâtiments.

Le 25/12/1886, ils acquirent à la famille Jacquet, une maison avec cour de 1 are 50 ca, pour la somme de 1400 francs.

En marge de la manufacture de tissu, la SPRL « Les Grands Magasins A.Degraux et C° » est constituée en 1878. C’est le début des Magasins rue Grande à Dinant. La partie du bâtiment des magasins au coin avec la rue Wiertz existait déjà à l’origine et était en son temps exploité par les frères Henry (banquiers).

Très rapidement des succursales au Grand Magasin sont mises en place :
1875 : Bruxelles
1878 : Arlon
1885 : Huy (toujours dans le groupe en 1957)
1889 : Gosselies
1897 : Vielsalm et Marchienne au Pont
1899 : Constitution d’une société congolaise
1900 : Couvin
1901 : Beauraing (toujours dans le groupe en 1957)
1902 : Namur (supprimé en 1914)
1905 : Soignies

Il est reporté 15 succursales avant la première guerre mondiale.
Le personnel de ces succursales était invité à placer ses économies et revenus dans sa succursale jusqu’à ce qu’en fin de compte l’affaire lui revienne.
De cette manière de nombreux anciens employés sont devenus leur propre patron ou patron de firmes importantes.
Je ne sais pas grand choses sur ces succursales. Mais, dans mon arbre généalogique, un certain Jean-Baptiste Leclercq, frère de l’épouse d’Augustin s’établit en tant que négociant à Arlon en 1878. Il est bien tentant d’établir un lien avec la création d’une succursale en cette même ville la même année.
En 1957, la succursale de Huy porte la raison sociale de « X.Leclercq & C° », au vu du nom, il doit s’agir aussi d’un membre de la famille.

Dans le récit de l’exode de 1940 fait par Léon Legrand, il est fait mention des employés de la maison Demars à Soignies. Peut-on dans ce cas ci, aussi faire un lien avec la succursale de Soignies ? Ou celle de Beauraing puisque l’on retrouve ce nom en 1957 comme ayant leur siège social à Dinant et exploitant de la succursale de Beauraing.
Il est a remarquer qu’il existe toujours un groupe Demars « modes pour hommes et pour dames » à Beauraing (reporté existant depuis 1901 sur leur site).
La succursale de Couvin est mentionnée dans le récit de l’exode en 1940 : « Nous allâmes vers la Maison Degraux qui avait été pillée complètement. Il n’y restait rien, que rayons comptoirs et gros mobilier et tout dans un désordre inextricable. Nous sûmes que l’immeuble avait été occupé par de nombreuses troupes allemandes, mais que le pillage devait être avant tout l’oeuvre de civils. »

En 1894, par son mariage le 08 août avec Albertine Degraux, Léon Legrand rejoint
l’aventure.

En 1899 a eu lieu la faillite d’une filature à Neffe (Le Merinos). Le curateur en était Léon Legrand, avocat. « Le Mérinos » a été repris à ce moment et changé en Société Anonyme.

En 1907, les Tissages Degraux sont repris par le groupe Oudin (fondateur de la
Manufacture de Leffe). Ce que confirme Michel Hubert : Le 11/5/1907, la famille Henry, M. Augustin Degraux, M. Léon Legrand, M. Remy Himmer, M. Edgard Himmer et M. Dominique Brisbois, fondent une société anonyme sous la dénomination de « Tissage de Bouvignes » elle a pour objet l’exploitation des établissements ci-après apportés, l’achat, la filature et le tissage des laines et autres textiles de même que les opérations qui s’y rattachent... . La durée est fixée à 30 années à prendre cours le 11/5/1907, pour finir le 31/12/1936, le capital social est fixé à 100.000 francs par 100 actions de 1000 francs au porteur. La famille Henry et Augustin Degraux apportent une propriété située à Bouvignes étant sans aucune exception ni réserve la fabrique de tissage comprenant, ateliers, machines, métiers, ustensiles, maison de contremaîtres et d’ouvriers, le matériel fixe et mobile et tout ce qui peut être considéré immeubles par destination, à l’exception
seulement des approvisionnements. du cheval, tombereau et accessoires, ainsi qu’une maison avec écurie et jardin rue d’en Haut.
Pour leurs apports, les apportants reçoivent 96 actions. (2)

Le 3/2/1914, par devant le Notaire Delimoy, la société Tissage de Bouvignes acquiert une maison avec cour et dépendances à la famille Wauthier, pour 6.500 francs.

Le 24/7/1914, la société Tissage de Bouvignes devant le Notaire Alfred Laurent, acquiert à la Congrégation Hospitalière des Soeurs de la Charité une maison avec cour, aisance, remise, dépendances, jardin en un ensemble sis en front de la rue d’en Bas pour prix de 21.000 francs.

Le 28/7/1919, à la famille Lemaire une maison rue Richier pour 2.500
francs.

Le 8/10/1920, à M. Joseph Milcamps une maison rue d’en Haut, pour prix de
1.600 francs. (2)

Pendant ce temps le siège social de la SPRL « Les Grands Magasins A.Degraux et C° » de Dinant est agrandi en 1910. Une partie le long de la Rue Grande est rajoutée à la partie du coin et devient le « département dames ». Les deux parties sont séparées par une ruelle (rue du Cheval Noir) et communiquent par une passerelle à l’étage.

Augustin Degraux devient bourgmestre en 1910 mais décède en 1911. Les magasins
Degraux reviennent par héritage à sa fille Albertine Degraux épouse de Léon Legrand.

Les « Grands magasins de confection pour hommes, dames et enfants - Draperies et
nouveautés - Tissus en tout genre - Gros et détail » comme le souligne une publicité de 1913 est situé aux n°s 72 à 79 Rue Grande (actuellement les n°62 et 64) et fait coin avec la rue Wiertz.

Le magasin est incendié par les allemands en 1914. 10 membres de son personnel sont fusillés le 23 août 1914.
Les allemands se sont servis du stock de tissu du magasin ainsi que de meubles des maisons avoisinantes et de la banque afin de construire de hautes barricades pour pouvoir traverser la rue Wiertz sous le feu des soldats français sans
risquer d’être touchés.
La succursale de Namur est supprimée après les combats pour reconstituer les matériels et stock de la maison-mère à Dinant. Celle-ci est dispatchée en
divers locaux privés de la ville.

La ruelle séparant les deux bâtiments a été rachetée pour partie en 1920 de façon à
reconstruire le magasin en un seul bloc du style « Art-déco ».
Le magasin est à nouveau totalement en fonction en 1923. Ce sont les établissements Decoen qui établissent les plans et équipements du nouveau magasin.

En 1920, il est constaté que la plupart des actions de « Tissages de Bouvignes » sont aux mains de « la Manufacture de Tissus ancienne Firme Albert Oudin et Cie », en conséquence de quoi, les actionnaires décident le liquider la société en l’incorporant à « la Manufacture de Tissus ». L’actif de la société dissoute comprend valeur suivant bilan au 30/11 dernier, une propriété à Bouvignes étant sans exception ni réserve la Fabrique de Tissage comprenant atelier. maisons de contremaîtres et d’ouvriers de 27 ares 27 ca. et divers bâtiments, maisons. écuries et appendices. Le matériel mobile, les machines, les appareils et le mobilier, les immeubles évalués à 156.491 francs 64 centimes. Les approvisionnements, l’encaisse et les débiteurs, et les créances du chef de dommage de guerre, le total s’élevant à la somme de 317.398 francs 92 centimes ; à déduire 123.172 francs 17 centimes Il reste 194.226 francs 75 centimes (2). George Henri de Frahan et René Himmer en sont administrateurs. Je ne sais pas ce qu’il en est d’Albertine Degraux ni de Léon Legrand à ce propos.

Pour terminer l’histoire des bâtiments de Bouvignes : en 1932, l’usine est rapportée
comme toujours fonctionnelle.

Mais, plus tard, on apprend qu’une partie de l’usine désaffectée est vendue le 07 juillet 1939 à M. Adolphe Marichal, exploitant d’autobus à Dinant. La vente comprend une maison formant le coin de la rue Edouard Fétis et de la rue Barbier, le porche et la conciergerie sur le devant de la rue Edouard Fétis, forge et
ancienne filature pour prix de 145.000 francs

Le 24/5/1943 Adolphe Marichal, entrepreneur de transport, vend à M. Lucien Greyson, ingénieur domicilié à Bruxelles, une partie d’une propriété comprenant maison, dégagement, forge, courette et partie de garage pour le prix de 165.000 francs . C’est là que M. Greyson établit une filature et un lissage de rayonne, sous la dénomination de Rubania (2). Cette rubanerie cesse son activité en 1958 mais reste un magasin jusqu’en 1964.

Entretemps, en 1921, la « Manufacture de Tissus ancienne Firme Albert Oudin et Cie » et « La Dinantaise » une autre usine textile de Dinant fusionnent.

Restent les Grands Magasins A.Degraux.

Au décès d’Albertine Degraux en 1929, les magasins Degraux reviennent à ses six
enfants (Marcelle, Camille, Jeanne, Paul, Léon-fils et George). Mais Léon Legrand, son époux, en conserve l’usufruit.

Le magasin sera à nouveau pillé et endommagé en 1940. Voici le témoignage de Léon Legrand dans son récit de l’exode écrit en 1941 :
« Je craignais que la Maison Degraux eût été pillée, et de fait le pillage avait commencé dans d’assez grandes proportions, mais le brave Joseph Lemineur, rentré le vingt-sept mai de France, y avait mis fin en se présentant comme le délégué des propriétaires, puis, avec Jules Cléda, ils avaient ré-ouvert le magasin à l’avance pour éviter toute autre intervention. Tout d’abord, on entrait par une fenêtre de la rue Wiertz ; Messieurs Cléda et Lemineur, aidés par les demoiselles Cléda, remirent le magasin plus ou moins en ordre. » ... « Quand nous arrivâmes, la fête battait son plein ; dès le premier août (1940), Madame Augusta et sa fille Jeanne, vinrent se mettre à notre disposition, mais je me trouvais sans logis. C’est alors que je décidai de m’installer dans les annexes de la Maison Degraux, qui restaient en bon état et qui étaient inoccupées. Je n’y revins cependant loger que deux ou trois jours après. J’y fus rejoint quelques semaines plus tard par Mademoiselle Eyckman, puis successivement par Monsieur Ernest, que Léon ramena de Bruxelles, puis par Mademoiselle Naômé qui revint beaucoup plus tard, et enfin par Mademoiselle Marie et Mademoiselle Madeleine qui ne revinrent que vers le six ou sept octobre.
L’hôtel Saint Jean avait aussi beaucoup souffert et à tous les immeubles, il manquait
glaces ou vitres ou carreaux. La maison Degraux avait été frappée d’un obus qui avait frappé l’entrée du rond ovale, avait fait une grande brèche et causé pas mal de dégâts dans le grenier mais sans affecter la toiture. Je fis parer au plus pressé pour la maison de Paul d’abord, puis pour celle du poilu et puis après je fis remplacer les glaces de la maison Degraux.
La maison de Paul est actuellement remise en état ainsi que celle de Léon, de Jules
Cléda et de Joseph Lemineur. A la maison du coin, il ne manque que les glaces de la rue Grande et chez Degraux, les vitraux de l’escalier du compartiment Dame sont toujours à remplacer, ne les ayant fait appliquer qu’avec des vitres ordinaires, pour préserver le magasin du vent, de la pluie et du froid. »

Le 11 octobre 1948, la « Société Immobilière A.Degraux » (S.I.A.D) est créée afin de
gérer les bâtiments liés à la SPRL « Les Grands Magasins A.Degraux et C° ». La durée de la société est fixée à trente ans. Le capital est fixé à 3 640 000 f.b. de l’époque et est divisé en 3640 parts de 1000 f.b. chacune. Les associés d’origine sont Léon Legrand (père), Marcelle Legrand épouse d’Emile Claeys, Camille Legrand épouse de Jacques Bribosia, Jeanne Legrand épouse de Marcel Storrer, Georges Legrand, Paul Legrand (il n’est pas fait mention de Marie-Louise Beeckman, son épouse) et Léon Legrand (fils).

L’assemblée générale se réunira chaque année le dernier lundi du mois de mai à 15
heures. Un administrateur-directeur est nommé : Léon Legrand fils qui gardera la
gérance jusqu’à son décès en 1969 ; ainsi qu’un commissaire chargé de la surveillance de la société (mandat qui devra être renouvelé en mai 1949 par élection) : Henry Claeys (fils de Marcelle Legrand). Ce commissaire est chargé de contrôler et vérifier les comptes, les opérations, etc. de la société.

Les biens immobiliers concernés, situés à Dinant et à Huy, sont décrits ainsi :
A Dinant :
« 1° Une maison de commerce à deux étages avec entrée cochère, rotonde, annexes, garage et cour, sise à l’angle de la rue Grande où elle est côtée numéro 60 et où elle a une façade de vingt deux mètres trente centimètres et de la rue Wiertz où elle a une façade de dix-sept mètres dix-neuf centimètres avec pan coupé de trois mètres cinquante huit centimètres. En ce compris les rayons, comptoirs, armoires, penderies, salon d’essayage et fonds d’étalages (ensemble De Coen) ainsi que l’installation du chauffage central qui y sont immobilisés par destination. L’ensemble de cette propriété comprend le bien cadastré section G numéro 380H pour six ares dix centiares....
2° Un terrain … d’environ cinquante huit mètres carrés du numéro cadastrale 365L et de quinze centiares environ du numéro cadastral 363N, à front de la rue du Cheval Noir, contiguë à celle-ci et à la cour de l’Hôtel Lebrun.
3° Une maison de commerce sise à Dinant, rue Grande numéro 64, occupée par Henri Henroteaux, cadastrée section G numéro 354T pour un are vingt centiares. » à Dinant, et « Une maison de commerce à deux étages sise Grand’Place numéro 17, cadastrée ou l’ayant été section lettre C numéro 178B pour une
contenance de deux ares et soixante cinq centiares. En ce compris les rayons, comptoirs, armoires, penderies, coffres forts et fond d’étalages, des magasins du rez-de-chaussée ainsi que de l’installation du chauffage central qui y sont immobilisés par destination. »
A Huy (3).
Dans les années ’50, les aménagements, la décoration intérieure et l’éclairage seront
modernisés (en collaboration avec Seha et l’ensemblier Dessy). Les aménagements
tiennent compte de nouveaux principes commerciaux de présentation et d’exposition. Un soin tout particulier a été apporté à l’éclairage étudié par Phillips : Une combinaison entre fluorescence et incandescence. La seule fluorescence modifiant trop les couleurs des textiles. Une installation radio est utilisée pour mettre en contact le directeur (Léon Legrand fils) avec tous les départements. Elle double le système les téléphone interservice.

Au fil des années la vente de tissus cède de plus en plus la place à la confection.

En 1957 le bâtiment abritait 4 sièges sociaux :
- La SPRL « Les Grands Magasins A.Degraux et C° » comprenant 20 à 30 membres du personnel plus une succursale à Huy sous la raison sociale « X.Leclercq et C° » avec environs 10 membres de personnel,
- La SPRL civ. Immobilière S.I.A.D. Propriétaire des immeubles de la SPRL cité
précédemment,
- La SPRL « Demars et C° » exploitant une succursale à Beauraing (environs 10
membres de personnel),
- La SPRL S.I.B.E.S. Propriétaire des immeubles de la SPRL précédente.

Au Moniteur belge de 1964 nous trouvons que les Grands Magasins A.Degraux et Cie.
SPRL, coin des rues Grandes et Wiertz, Dinant A1 ; pratiquent « la vente à tempérament sans recourir au financement par un tiers » sous le numéro d’agrégation 1274.

L’activité des magasins Degraux cesse en 1968.

La S.I.A.D. est dissoute fin 1972 - début 1973.
La liquidation avait été décidée lors d’une assemblée générale extraordinaire le 20 juillet 1968. Les associés encore présents sont Marcelle Legrand veuve de Emile Claeys, Camille Legrand épouse de Jacques Bribosia, Jeanne Legrand veuve de Marcel Storer, Paul Legrand (toujours sans mention de son épouse) et Brigitte Legrand divorcée de Victor Fries.
Nous remarquons l’absence de Léon Legrand père et fils et celle de Georges Legrand décédés respectivement en 1963, 1969 et 1967. Les parts de Léon fils ont été cédées à sa fille Brigitte.
Les liquidateurs nommés sont Henry Claeys et José Bribosia. Léon Legrand fils faisait partie des liquidateurs en 1968, mais il n’a pas été remplacé à la suite de son décès (décision de l’assemblée générale du 22 janvier 1971).
Les biens immobiliers concernés ne comprennent plus que le bâtiment de commerce principal mentionné en 1948 faisant l’angle de la rue Grande et la rue Wiertz.
La gérance de la SPRL « Les Grands Magasins A.Degraux et C° » est,
depuis le décès de Léon Legrand fils, reprise par Jean Storrer.
Le bail du magasin consenti avec la S.I.A.D. prend fin le 23 décembre 1972.

Actuellement (2019) le bâtiment est occupé en partie par une agence bancaire.
Notes :
(1) Revue du Rotary-club de 1957.
(2) Article provenant du site www.genedinant.be et dont l’auteur, Michel Hubert, est un descendant de Charles Lion et Agnès de Frahan par leur fille Anne « Louise ».
(3) Documents familiaux – archives de Henry Claeys

Un dessin du magasin Degraux en 1898 avant l’agrandissement.

En 1910 le magasin est agrandi. Nous voyons ici nettement la ruelle du Cheval Noir qui sépare les deux parties. Nous remarquons aussi que les dimensions de la façade rue Wiertz est très exagérément étirée et n’est voisine d’aucune maison jusqu’à la Meuse, ce qui n’était pas le cas dans la réalité !
Pour info, jouxtant les magasin dans la rue Wiertz, il y avait la maison d’habitation
Degraux. En 1914, elle était habitée par Léonie Simons, la veuve d’Augustin (du
2°mariage). Dans les années ’20, ce sont Emile Claeys et son épouse Marcelle Legrand qui y habitent jusqu’à ce qu’il déménagent en 1931 à Bruges pour des raisons professionnelles. C’est alors Léon Legrand fils qui y emménage. Paul Legrand habitait rue du Collège, dans le même bloc que les Grands magasins et la maison rue Wiertz. A l’arrière de sa maison, existait un passage qui la mettait en communication avec les magasins.

Le bâtiment en 2018.

Le bâtiment en 2018.

2018 : Le bâtiment côté Rue Wiertz avec l’ancienne maison d’habitation (en brique).

La devanture des magasins Degraux avec, en avant plan très probablement Léon et
Brigitte Legrand avant 1940. (Photo de l’album de Brigitte Legrand).

Noël au magasin (photo album de Jean-Pierre Legrand)

La Saint Nicolas dans les Magasins Degraux avec Léon Legrand en compagnie du grand Saint. (photo album de Jean-Pierre Legrand)

Une partie du personnel du magasin (photo non datée de l’album de Brigitte Legrand)